Review CD: Relentless Reckless Forever – Children Of Bodom

Children Of Bodom - Relentless Reckless Forever

Children of Bodom (CoB) est un groupe finlandais de Death Mélodique / Power Metal. Le groupe est composé d’Alexi Laiho au micro et à la guitare lead, Roope Latvala à la guitare rythmique, Henkka Seppälä à la basse, Jaska Raatikainen à la batterie, et Janne Wirman aux claviers.

CoB nous avait un peu laissé sur une impression de “formation sur le déclin” tant Blooddrunk (le précédent opus studio) semblait peu inspiré. Pas forcément mauvais, non. Mais usant un peu trop de clichés, peu innovant, parsemé de rythmiques archi-entendues sur lesquelles des démonstrations techniques aussi creuses que stériles venaient se superposer. Comme si la machine commerciale avait pris le pas sur la dynamique créative du groupe. Dynamique qui leur avait permis de pondre de petits bijoux comme Something Wild, Hatebreeder ou Follow The Reaper.

Après cet album studio plus que douteux (le Blooddrunk susmentionné) et un album de reprises (Skeletons in the closet), le quintet finlandais nous revient donc aujourd’hui avec ce Relentless Reckless Forever a mettre dans la balance. Verdict? Pas mal du tout les gars! Comme on va le voir plus loin, il y a du bon niveau, de l’inspiration, et de la prise de risque: ça paye!

L’artwork

Roy, le petit nom que le groupe a donné à leur mascotte (une faucheuse!) est toujours le personnage central. Un peu comme le Eddie d’Iron Maiden. Pas de visage ou de main tendue cette fois-ci, mais le style est différent est assez bon.

L’album

L’album s’ouvre sur un titre plutôt bon (Not My Funeral). Des riffs frénétiques, une batterie surgonflée à la testostérone,  le chant de Laiho, les envolées de Janne aux claviers… on sent dès les premières secondes que c’est du CoB, et pourtant, le son est quand même différent. La caisse claire ressort plus que d’habitude, la basse est bien mise en avant, le son est plus brut et moins compressé. Tout ça donne une bonne dynamique à l’ensemble du groupe qui reste pour sa part toujours aussi technique.

Et c’est là qu’ils assurent, c’est au niveau de la technique, parce que l’heure n’est plus à la surenchère démonstrative. Finie l’époque à laquelle Alexi était le seul à donner le ton et la consistance d’un morceau. Aujourd’hui, chacun a sa partie, et la marie avec brio à celles des autres. Plus de notes qui s’enchaînent à 200 à l’heure, la vélocité n’est plus forcément de mise, les finlandais ont décidé de privilégier la qualité à la quantité.

Shovel Knockout prend le relais avec son super riff d’intro à la basse et ses enchaînements de guitares. Du bon CoB, on sent que l’album a bénéficié d’un regain d’inspiration non négligeable.

Les titres s’enchaînent ensuite sans vraiment surprendre (moins percutant et moins inspiré même si ça reste quand même du bon matos) jusqu’à une petite perle: Relentless Reckless Forever, le morceau titre donc. Il faut l’écouter pour comprendre, mais les parties de guitares dessus vont vraiment vous rester dans la tête pour la journée. Ca surprend, c’est pas dans l’habitude de CoB, mais pourtant ça passe super bien.

Vient ensuite Ugly et son intro typique de chez Bodom. Titre très rapide et très technique, sans pour autant donner dans le “trop”. Ils ont réussi à survitaminer l’ensemble du morceau sans le gâcher. Mention spéciale pour Cry of the Nihilist qui est lui aussi plutôt bon et la voix de Laiho sonne assez “torturée” dessus. Enfin, le premier single Was It Worth It? débarque. Même si ce titre sonne clairement comme le titre enregistré dans l’optique de devenir un single, il n’en reste pas moins technique et “taillé pour le live”.

Conclusion: achat ou pas?

Vous l’aurez compris, Relentless Reckless Forever sonne un peu le retour de Children of Bodom après qu’ils se soient un peu (trop?) perdus dans les méandres de l’industrie musicale. Il y a du bon comme du mauvais (Pussyfoot Miss Suicide, et dans une moindre mesure Roundtrip to Hell and Back) dans cet album. Mais les finlandais ont su, comme à chaque album, sortir de leur zone de confort pour aller explorer de nouvelles facettes de leur musique. En prenant un peu de 3 premiers albums, et beaucoup des suivants, ils ont ainsi enregistré quelque chose qui, même si ça n’égale pas Hatebreeder, a le mérite de sonner “nouveau” et plutôt bon dans nos tympans. Et vu ce que la scène Metal nous sert en ce moment, on devrait prendre le temps de savourer cette superbe offrande finlandaise. CoB is back!

Sortie chez Spinefarm Records le 07 Mars 2011. Déjà disponible.

Tracklist

1. Not My Funeral
2. Shovel Knockout
3. Roundtrip to Hell and Back
4. Pussyfoot Miss Suicide
5. Relentless Reckless Forever
6. Ugly
7. Cry of the Nihilist
8. Was It Worth It?
9. Northpole Throwdown

Review CD: Nightmare – Avenged Sevenfold

Avenged Sevenfold - Nightmare

Avenged Sevenfold (A7X) est un groupe californien de Metalcore/Heavy-Metal fondé en 1999. Il était composé de M. Shadows (voix), Synyster Gates (guitare lead), Zacky Vengeance (guitare rythmique), Johnny Christ (basse) et Jimmy ‘The Rev’ Sullivan (batterie). Oui, j’ai dit “était composé”, parce que fin décembre 2009, la donne a changé: The Rev, brillant batteur mais aussi un des principaux compositeurs de la formation, a été retrouvé mort. Cocktail de médicament fatal, il avait 28 ans…

Évidemment, tout ça a entraîné une période de flottements et de doute pour le groupe. Puis Shadows a finalement confirmé que la dernière œuvre écrite en collaboration avec The Rev se devait d’être enregistrée. Et pour mener à bien cette mission, A7X a fait appel à l’idole de The Rev: Mike Portnoy, batteur de Dream Theater (et dieu vivant du monde de la batterie), qui a accepté et s’est donc placé derrière les fûts en essayant de respecter au maximum le travail de The Rev.

Un peu plus de 6 mois plus tard, Nightmare, album dédié à Sullivan, est dans les bacs. La démarche rappelle un peu AC/DC qui en son temps, avait recruté Brian Johnson et enregistré Back In Black juste 6 mois après la mort de Bon Scott.

L’artwork

Un mix entre la faucheuse et le DeathBat (logo du groupe) qui lorgne sur une tombe dans un cimetière (référence à The Rev?). Tout ça semble provenir des cauchemars d’une fillette terrorisée au fond de son lit. Artwork classique pour un groupe de metal, mais sympa quand même, j’adhère.

L’album

Ouverture des hostilités avec le titre Nightmare qui a donné son nom à l’album. Intro cinématographique stressante qui vous plonge dans l’ambiance très vite. De bons gros riffs, des changements de rythme, des solos speeds et acérés, Shadows au meilleur de sa forme, et un batteur qui assure. Très bon son pour ouvrir un album, A7X est de retour, headbang instantané.

On continue avec Welcome to the Family. On mesure là tout le boulot de Shadows sur les vocaux qui sont beaucoup plus variés qu’avant tout en restant relativement puissants quand nécessaire.

Danger Line arrive et sonne un peu comme une marche militaire. C’est certainement le morceau que j’aime le moins, même s’il reste bien heavy.

Vient ensuite Buried Alive. A la première écoute, ce morceau m’a vraiment rappelé One ou bien Welcome Home de Metallica. Un morceau qui arrive après 3 morceaux plutôt furieux, qui casse un peu le rythme avec une intro clean et plutôt calme, un morceau aux couplets plutôt calmes qui gagne en punch sur le refrain… puis à mi-chemin, le morceau se transforme radicalement et finit sur de gros riffs qu’on attendait pas, avec un chant beaucoup plus hard. Beau boulot, le morceau est bien écrit, bien placé au sein de l’album, c’est parfait.

Natural Born Killer. Ce titre laisse présager un peu de violence, et ça se vérifie admirablement! Un de mes morceaux préférés: une intro bien “rentre-dedans” comme j’aime, Portnoy explose les fûts, Johnny le suit admirablement bien à la basse, Synyster, Zacky déchainent leur six-cordes, et Shadows fait péter ses cordes vocales. C’est lourd, c’est hard, c’est speed, ça casse les dents, c’est bon.

On enchaîne avec So Far Away, une ballade rock aux accents country apportés par Brian Haner (aussi connu sous le nom de Papa Gates, et oui!). On sent ici que Shadows exprime quelque chose et ne se contente pas juste de chanter, les musiciens sont en place, un morceau certainement plein de sens pour eux, mais aussi pour nous.

God Hates Us, comme le disaient ces bon vieux gars de Slayer. Le morceau le plus enragé de l’album débarque après une intro en guitare clean. La rythmique est puissante, Shadows s’essaie aux cris et aux growls type “Death” et il s’en sort pas mal. Le morceau secoue, réveille, le genre de truc qui vous fait hurler tout seul avec vos écouteurs vissés sur les oreilles!

La suite de l’album est clairement plus posée. Victim, plage dédiée à The Rev, rompt avec le reste. Texte fort et mélancolique mais en quelque sorte universel, ce morceau pourrait s’adapter à l’histoire de tout un chacun. Le tempo y est plus calme, encore un message à faire passer et quelque chose à dire à quelqu’un. Certainement le morceau le plus poignant.

Tonight the World Dies a l’air de suivre le même chemin que la précédente. On sent clairement que toute cette partie de l’album est dédiée à exprimer quelque chose. Certains disent que God Hates Us, Victim, et Tonight the World Dies forment une sorte de trilogie censé raconter un peu la traversée de cette épreuve qu’est la perte de Sullivan. Les textes sont parfois vagues, parfois évocateurs, mais le lien entre les morceaux ne me semblent pas aussi évident même si il est clair qu’ils sont beaucoup plus introspectifs que le reste de l’album.

Arrive Fiction et ses parties de piano. C’est en fait un morceau écrit par The Rev et initialement appelé “Death”. Ce morceau aurait été enregistré 3 jours seulement avant sa mort. Il y joue du piano et y chante (avec Shadows). Les gars ont décidés de rebaptiser le morceau “Fiction” (un autre surnom de The Rev) et de l’inclure sur l’album de manière assez brute. Ils n’ont pas inclus de guitares ou quoi que ce soit. C’est donc le dernier enregistrement de Sullivan et Shadows ensemble.

Enfin, pour clore cet album, il leur fallait quelque chose de fort, d’épique. Ce titre, c’est Save Me. Intro somptueuse, changements de rythmes, solos de guitares, riffs très travaillés, complexité, nombreux instruments, ce titre a presque quelque chose de progressif. J’ai été bluffé par ce morceau qui dure près de 11 minutes. Un très bon niveau auquel je ne m’attendais vraiment pas.

Conclusion: achat ou pas?

Nightmare est à mon sens un des meilleurs albums d’Avenged Sevenfold à ce jour. Si l’album précédent était plutôt pressenti comme plus ou moins expérimental, Nightmare se recentre sur ce qu’A7X sait faire de mieux tout en améliorant considérablement l’ensemble avec de nouveaux instruments, une bonne écriture, et en y ajoutant des parties beaucoup plus mélodiques. Les californiens signent ici  un album de très bonne qualité, voire excellent. Nightmare est à la fois fort, énergique, fun, épique, sombre, mélancolique, enragé, on sent clairement qu’ils ont traversé quelque chose qui les a affecté et donne toute la maturité nécessaire à cet album pour en faire une de leur plus belles pièces. Certes, si vous vous attendiez à du City Of Evil, passez votre chemin, car les évènements font qu’ils avaient besoin de s’exprimer différemment à travers Nightmare. Mais si vous voulez tenter un disque un peu différent, éclectique, mais néanmoins bourré de talent, foncez.

Sortie chez Roadrunner Records le 23 Août 2010. Déjà disponible sur les plateformes de téléchargement légal.

Tracklist

1. Nightmare
2. Welcome To The Family
3. Danger Line
4. Buried Alive
5. Natural Born Killer
6. So Far Away
7. God Hates Us
8. Victim
9. Tonight The World Dies
10. Fiction
11. Save Me

R.I.P. Jimmy "The Rev" Sullivan (1981 - 2009)
R.I.P. Jimmy “The Rev” Sullivan (1981 – 2009)

Review CD: Slash (anciennement “Slash & Friends”)

Slash

J’ai toujours adoré Slash. En plus d’avoir un putain de bon niveau, il a aussi du style. Un style bien à lui, et qui déchire. Quand tu vois des gimmicks comme un chapeau haut-de-forme, une clope, et une Gibson Les Paul, tu sais tout de suite que c’est Slash qui débarque: et ça c’est fort!

Mais musicalement, même si je l’ai toujours suivi de près ou de loin, ce qu’il a fait avec Snakepit ou Velvet Revolver n’a, à mon avis, jamais atteint le niveau d’un Appetite For Destruction. Cette alchimie qu’il y avait entre les membres de Guns N’ Roses, ce groove aux gros accents hard-rock, l’inspiration démente, tout ça me semblait bien loin.

Puis j’ai appris qu’il préparait un album solo “Slash & Friends” (depuis renommé simplement “Slash”) dont je vous parlais ici. Et là je me suis dit que sans aucune contrainte, sans casse-couille genre Axl Rose dans les pattes, seul maître à bord, Slash allait casser la baraque en nous offrant une galette digne de la grande époque! Enfin du bon son!!! Et ouais…  mais putain j’ai été surpris, car c’est pas vraiment ce à quoi je m’attendais! Le boss au chapeau est visiblement là où on ne l’attendais pas forcément.

L’artwork

Comme vous pouvez le voir juste au-dessus, la cover est pas mal du tout! On y voit une tête de mort portant le chapeau de Slash avec les classiques os en travers. D’ailleurs, ces os ont une forme au bout qui ressemble un peu à une guitare, non? Ou à un cul, c’est vous qui voyez!

L’album

Le concept de cet album est simple: un morceau avec un chanteur différent à chaque fois, tous styles confondus: rock ou metal, mais aussi pop ou rap. Beaucoup d’invités donc (aussi bien des vocalistes que des instrumentistes), et vous en trouverez d’ailleurs la liste dans mon précédent article sur le sujet.

Et en l’écoutant, je réalise que c’est moi qui ai eu tort d’attendre de Slash un album proche de ce qu’il a fait auparavant avec les Guns. D’abord parce que les Guns, c’est pas Slash, c’est un tout. Mais aussi parce qu’il a quand même fait un bon boulot en mélangeant plusieurs styles, et l’ensemble se tient sans trop de mauvaises surprises.

Prenons Crucify The Dead par exemple, avec Ozzy au micro. Ben ce morceau est très “Ozzyesque”, c’est ce que le prince des ténèbres aurait fait sur un de ses albums si c’était à lui de le faire, ça colle bien à son style. Pareil pour By The Sword avec Andrew Stockdale de Wolfmother, ce morceau la sonne justement très “Wolfmother”. Doctor Alibi (mon préféré!) avec Lemmy de Motörhead, ben il a la hargne et le côté punk énervé qui va bien. Même remarque pour We’re All Gonna Die avec le légendaire Iggy Pop! Les artistes Pop ou Rap ne sont pas totalement dépaysés non plus, les gros riffs de guitare enfoncent juste le clou en donnant un côté plus punchy au son. Fergie par exemple, s’en sort vraiment pas mal et arrive à avoir un timbre et une “attitude” plutôt rock!

Et alors Slash dans tout ça? Ben il arrive à très bien intégrer son son (“son son”, c’est marrant ça!) au milieu de tout ça sans que ça ne sonne “dépareillé”. Ça ne dénature pas forcément le morceau même si la guitare est quand même vachement présente niveau mixage.

Bref le boulot niveau mélange des styles est très bon. Mais alors je lui reproche quoi à cet album?

Sans doute un certain manque d’inspiration. On le sent sur certaines rythmiques ou même certains plans lead. C’est un peu comme si il avait fait un brouillon de riff en partant d’une idée, puis qu’il l’avait laissé tel quel dans la version finale. Du coup, il y a malheureusement certains passages pendant lesquels on s’ennuie franchement. Je dis pas que Slash a toujours été un fou furieux millimétrant tout en studio, loin de là, son côté un peu spontané est plutôt une marque de fabrique. Mais là, j’ai un peu l’impression qu’il y a eu un mauvais tri quand il fallait démêler le bon du mauvais, un peu comme dans certains riffs made in Velvet Revolver, et ça me laisse un peu sur ma faim… dommage!

Conclusion: achat ou pas?

L’album n’est pas mauvais, Slash surprend et explore de nouveaux terrains en nous livrant ces compos. A nous d’oublier ses travaux précédents pour écouter cet album avec des oreilles vierges et innocentes. Si vous avez une paire de tympans frais qui cherche un bon mélange de style fortement teinté de rock, alors cet album vous plaira sûrement.

Review DVD: One-Hand Popover – Aaron Fisher

One-Hand PopoverAujourd’hui, je vais vous présenter une petite review du dernier DVD d’Aaron Fisher. D’une durée d’un peu plus de 60 minutes, ce DVD s’attarde en long, en large, et en travers sur un sleight maison du maître: le One-Hand Popover. Comme nous allons le voir, ce sleight peut être utilisé comme production (très visuelle pour le coup), mais aussi comme flourish. Ce move, un peu passe-partout, a été repris par pas mal de monde, notamment Dan & Dave Buck dans le tour Card Across disponible sur The Trilogy.

Packaging

Ce DVD fait partie de la Personal Training Series de Fisher dont fait également partie l’excellent Search & Destroy. Vous trouverez donc ici un packaging très similaire à ce dernier. Comme à chaque fois, c’est propre, rien en trop, rien en moins.

Le sleight

Je ne le connaissais qu’à travers Card Across. Dans la trilogie, Dan Buck explique brièvement le principe du One-Hand Popover. A part ça, je n’avais jamais vraiment vu ou pensé à d’autres applications de ce sleight. De plus, je ne le maîtrisais pas vraiment. Et c’est grâce au DVD de Fisher que j’ai pu corriger une petite erreur que les Buck Twins ont laissé passer dans l’explication du popover de Card Across: tout le secret d’un One-Hand Popover bien exécuté réside dans une petite astuce qui fait vraiment toute la différence et que Fisher fait bien de relever. Ses explications sont claires, précises, le grip est parfaitement détaillé, et la “mécanique” du move également.

Aaron Fisher est un très bon pédagogue et ça se vérifie une fois de plus à travers ce DVD. Son expérience et les années de représentation qui l’ont confronté à toutes sortes de situation lui donnent toute la matière nécessaire pour bien cadrer tout ce dont il parle, exemples concrets à l’appui. Il s’attarde sur chaque petit détail comme le grip, la position des doigts lors de l’exécution, les erreurs à ne pas commettre… Et du coup, en tenant le deck tout en regardant le DVD, on arrive à performer simplement en suivant ses conseils et on mesure alors toute l’importance de ces détails sur lesquels il met volontairement l’accent.

Une fois le popover bien expliqué, Fisher vous apprendra à couvrir tous les angles de façon à pouvoir exécuter le popover dans n’importe quelle situation. Comme toujours, il accordera une grande importance aux différentes techniques de misdirection (détournement d’attention) et à la puissance de cet outil. Il y a notamment une partie très intéressante dans laquelle il explique comment, quand, et pourquoi  les manipulations nécessitant deux mains doivent être exécutées précisément à un instant T afin de ne pas paraître suspect.

Les trucs en plus

En plus du sleight en lui-même, Fisher vous en donnera quelques applications bien pensées:

  • “Booya!” qui en est l’application la plus basique
  • “The Updog Location” un trick un peu plus avancé (mon préféré)
  • Une version de “You say Goodbye, I say Hello”
  • Une production de 4 As appelée “Hot Deck”
  • Un bonus à part entière sur le DVD pour un trick très visuel appelé “Sticky Fingers”

Comme toujours, Aaron Fisher fait preuve de beaucoup d’humour et c’est un plaisir de suivre ses performances et explications.

Conclusion: achat ou pas?
Achat! C’est un très bon DVD. Certes, la durée (60 minutes) peut paraître un peu juste, mais les instructions expertes  et l’excellente pédagogie de Fisher, son humour qui fait passer un très bon moment, la qualité ainsi que la quantité du contenu, font de ce DVD une valeur sûre que je recommande vivement à tous ceux qui portent un certain intérêt à la cartomagie.

Review DVD: Joe Satriani Live In Paris: I Just Wanna Rock

Joe Satriani

Comme je le disais ici, le Joe Satriani nouveau est arrivé dans nos bacs le 2 Février 2010 en DVD et Double-CD. Alors on achète ou pas? Je vous sers ici une petite review bien fraîche afin de vous donner mon avis sur la question. Pour ma part, j’ai acheté la version DVD.

Packaging

Comme d’habitude, packaging sobre et simpliste. Une boîte de DVD tout ce qu’il y a de plus classique avec un DVD et un petit paplard à l’intérieur contenant la track-list. Rien de transcendant quoi.

Le son

Excellent! Le son des captations live est souvent un peu trop brouillon, trop grave, trop aigu, mal balancé, mal mixé, c’est souvent chaotique. Mais on sent clairement dans ce DVD le soin tout particulier apporté à la restitution sonore. Pas trop de basse, c’est très bien équalizé. La batterie sonne assez dynamique et la guitare de Satch ne couvre pas le reste du groupe. Le jeu de Satriani assez vif et percutant sonne ici parfaitement propre et claquant, c’est vraiment du bon boulot. Une piste PCM Stéréo 2.0 et une Dolby Digital 5.0 sont à votre disposition.

La vidéo

Mais quel est le con qui a monté ces images??? Grosse grosse déception côté vidéo, c’est bourrés d’effets à deux francs… Des changements de caméras toutes les 2 secondes, des ralentis inutiles, des effets d’image digne d’un bon vieux PowerPoint 95, c’est vraiment du grand n’importe quoi. En général, vous achetez principalement ce genre de DVD pour profiter pleinement de la virtuosité des musiciens et de l’ambiance qu’ils posent. Ici, vous verrez Satriani en rouge, en vert, en bleu, en jaune, en pop-art, au ralenti, en négatif, sur un fond de désert australien, dans le ciel,  sur l’eau, et même à l’envers (???), et bien sûr toujours avec ces changements intempestifs de caméras…

La performance

Phénoménale. Les musiciens se donnent à fond et Satriani est au meilleur de sa forme. La track-list est très bonne et plutôt longue, elle contient d’anciens mais aussi de nouveaux morceaux. Certains sont rallongés ou modifiés, et le jeu avec le public est toujours aussi présent. Ca se passe au Grand Rex à Paris, alors la salle n’est pas idéale pour un concert, mais je dois avouer que ça passe plutôt bien dans le cas de ce concert là.

Les bonus

En bonus sur le DVD, une interview de 40 minutes. Bon c’est l’interview classique hein! On lui demande pourquoi il a commencé à jouer de la guitare, comment se passe sa tournée, qui influence son jeu, d’où lui vient l’inspiration, etc… C’est mieux que rien et ça fait toujours plaisir de voir Satch causer un peu.

Conclusion: achat ou pas?

Oui achat… mais de la version Double-CD, à moins que vous aimiez les montages à deux balles. N’espérez pas regarder les frasques guitaristiques de Joe, vous ne les verrez même pas à moitié sur la version DVD.  J’ai eu l’occasion d’écouter la version CD et la qualité sonore est la même. Il y a juste 3 phrases en moins lors d’un petit speech de 5 minutes en milieu de performance et la petite interview que vous ne pourrez pas écouter. A part ça, vous avez tout à y gagner en prenant la version CD, y compris niveau prix.