Review CD: Nightmare – Avenged Sevenfold

Avenged Sevenfold - Nightmare

Avenged Sevenfold (A7X) est un groupe californien de Metalcore/Heavy-Metal fondé en 1999. Il était composé de M. Shadows (voix), Synyster Gates (guitare lead), Zacky Vengeance (guitare rythmique), Johnny Christ (basse) et Jimmy ‘The Rev’ Sullivan (batterie). Oui, j’ai dit “était composé”, parce que fin décembre 2009, la donne a changé: The Rev, brillant batteur mais aussi un des principaux compositeurs de la formation, a été retrouvé mort. Cocktail de médicament fatal, il avait 28 ans…

Évidemment, tout ça a entraîné une période de flottements et de doute pour le groupe. Puis Shadows a finalement confirmé que la dernière œuvre écrite en collaboration avec The Rev se devait d’être enregistrée. Et pour mener à bien cette mission, A7X a fait appel à l’idole de The Rev: Mike Portnoy, batteur de Dream Theater (et dieu vivant du monde de la batterie), qui a accepté et s’est donc placé derrière les fûts en essayant de respecter au maximum le travail de The Rev.

Un peu plus de 6 mois plus tard, Nightmare, album dédié à Sullivan, est dans les bacs. La démarche rappelle un peu AC/DC qui en son temps, avait recruté Brian Johnson et enregistré Back In Black juste 6 mois après la mort de Bon Scott.

L’artwork

Un mix entre la faucheuse et le DeathBat (logo du groupe) qui lorgne sur une tombe dans un cimetière (référence à The Rev?). Tout ça semble provenir des cauchemars d’une fillette terrorisée au fond de son lit. Artwork classique pour un groupe de metal, mais sympa quand même, j’adhère.

L’album

Ouverture des hostilités avec le titre Nightmare qui a donné son nom à l’album. Intro cinématographique stressante qui vous plonge dans l’ambiance très vite. De bons gros riffs, des changements de rythme, des solos speeds et acérés, Shadows au meilleur de sa forme, et un batteur qui assure. Très bon son pour ouvrir un album, A7X est de retour, headbang instantané.

On continue avec Welcome to the Family. On mesure là tout le boulot de Shadows sur les vocaux qui sont beaucoup plus variés qu’avant tout en restant relativement puissants quand nécessaire.

Danger Line arrive et sonne un peu comme une marche militaire. C’est certainement le morceau que j’aime le moins, même s’il reste bien heavy.

Vient ensuite Buried Alive. A la première écoute, ce morceau m’a vraiment rappelé One ou bien Welcome Home de Metallica. Un morceau qui arrive après 3 morceaux plutôt furieux, qui casse un peu le rythme avec une intro clean et plutôt calme, un morceau aux couplets plutôt calmes qui gagne en punch sur le refrain… puis à mi-chemin, le morceau se transforme radicalement et finit sur de gros riffs qu’on attendait pas, avec un chant beaucoup plus hard. Beau boulot, le morceau est bien écrit, bien placé au sein de l’album, c’est parfait.

Natural Born Killer. Ce titre laisse présager un peu de violence, et ça se vérifie admirablement! Un de mes morceaux préférés: une intro bien “rentre-dedans” comme j’aime, Portnoy explose les fûts, Johnny le suit admirablement bien à la basse, Synyster, Zacky déchainent leur six-cordes, et Shadows fait péter ses cordes vocales. C’est lourd, c’est hard, c’est speed, ça casse les dents, c’est bon.

On enchaîne avec So Far Away, une ballade rock aux accents country apportés par Brian Haner (aussi connu sous le nom de Papa Gates, et oui!). On sent ici que Shadows exprime quelque chose et ne se contente pas juste de chanter, les musiciens sont en place, un morceau certainement plein de sens pour eux, mais aussi pour nous.

God Hates Us, comme le disaient ces bon vieux gars de Slayer. Le morceau le plus enragé de l’album débarque après une intro en guitare clean. La rythmique est puissante, Shadows s’essaie aux cris et aux growls type “Death” et il s’en sort pas mal. Le morceau secoue, réveille, le genre de truc qui vous fait hurler tout seul avec vos écouteurs vissés sur les oreilles!

La suite de l’album est clairement plus posée. Victim, plage dédiée à The Rev, rompt avec le reste. Texte fort et mélancolique mais en quelque sorte universel, ce morceau pourrait s’adapter à l’histoire de tout un chacun. Le tempo y est plus calme, encore un message à faire passer et quelque chose à dire à quelqu’un. Certainement le morceau le plus poignant.

Tonight the World Dies a l’air de suivre le même chemin que la précédente. On sent clairement que toute cette partie de l’album est dédiée à exprimer quelque chose. Certains disent que God Hates Us, Victim, et Tonight the World Dies forment une sorte de trilogie censé raconter un peu la traversée de cette épreuve qu’est la perte de Sullivan. Les textes sont parfois vagues, parfois évocateurs, mais le lien entre les morceaux ne me semblent pas aussi évident même si il est clair qu’ils sont beaucoup plus introspectifs que le reste de l’album.

Arrive Fiction et ses parties de piano. C’est en fait un morceau écrit par The Rev et initialement appelé “Death”. Ce morceau aurait été enregistré 3 jours seulement avant sa mort. Il y joue du piano et y chante (avec Shadows). Les gars ont décidés de rebaptiser le morceau “Fiction” (un autre surnom de The Rev) et de l’inclure sur l’album de manière assez brute. Ils n’ont pas inclus de guitares ou quoi que ce soit. C’est donc le dernier enregistrement de Sullivan et Shadows ensemble.

Enfin, pour clore cet album, il leur fallait quelque chose de fort, d’épique. Ce titre, c’est Save Me. Intro somptueuse, changements de rythmes, solos de guitares, riffs très travaillés, complexité, nombreux instruments, ce titre a presque quelque chose de progressif. J’ai été bluffé par ce morceau qui dure près de 11 minutes. Un très bon niveau auquel je ne m’attendais vraiment pas.

Conclusion: achat ou pas?

Nightmare est à mon sens un des meilleurs albums d’Avenged Sevenfold à ce jour. Si l’album précédent était plutôt pressenti comme plus ou moins expérimental, Nightmare se recentre sur ce qu’A7X sait faire de mieux tout en améliorant considérablement l’ensemble avec de nouveaux instruments, une bonne écriture, et en y ajoutant des parties beaucoup plus mélodiques. Les californiens signent ici  un album de très bonne qualité, voire excellent. Nightmare est à la fois fort, énergique, fun, épique, sombre, mélancolique, enragé, on sent clairement qu’ils ont traversé quelque chose qui les a affecté et donne toute la maturité nécessaire à cet album pour en faire une de leur plus belles pièces. Certes, si vous vous attendiez à du City Of Evil, passez votre chemin, car les évènements font qu’ils avaient besoin de s’exprimer différemment à travers Nightmare. Mais si vous voulez tenter un disque un peu différent, éclectique, mais néanmoins bourré de talent, foncez.

Sortie chez Roadrunner Records le 23 Août 2010. Déjà disponible sur les plateformes de téléchargement légal.

Tracklist

1. Nightmare
2. Welcome To The Family
3. Danger Line
4. Buried Alive
5. Natural Born Killer
6. So Far Away
7. God Hates Us
8. Victim
9. Tonight The World Dies
10. Fiction
11. Save Me

R.I.P. Jimmy "The Rev" Sullivan (1981 - 2009)
R.I.P. Jimmy “The Rev” Sullivan (1981 – 2009)

2 réponses à Review CD: Nightmare – Avenged Sevenfold

  1. J’adore! Je ne connaissais pas du tout. J’aime beaucoup leur style et celui de cet album. J’aime vraiment beaucoup! Merci beaucoup pour cette critique très enrichissante! Elle donne envie de sortir le portefeuille tout de suite pour posséder cet album!

    • Ravi de voir que la chronique plaît ;)
      L’album est vraiment très bon, le groupe arrive à maturité, et il se bonifie clairement avec le temps!

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